Communication

Les différents types de sentiments

· par Human Matters · 5 min de lecture
empathie communicatie gevoelens behoeften oordelen

Notre monde émotionnel est un système de mesure ingénieux qui nous dit comment nous allons. La faim indique un besoin de nourriture. L’inquiétude peut signaler qu’un besoin de reconnaissance fait défaut. La joie peut indiquer que le besoin de beauté est comblé. Les sentiments donnent du sens au monde dans lequel nous vivons et influencent notre pensée et notre comportement.

En Communication NonViolente, ce sont les sentiments primaires qui nous aident à être pleinement en contact avec la vie. La conscience des sentiments secondaires et des pseudo-sentiments peut nous aider à retrouver le contact avec les sentiments primaires.

Sentiments primaires

Parmi les sentiments primaires, on distingue notamment la joie, la colère/frustration, la peur et la tristesse.

  • La joie/satisfaction sont des signaux indiquant qu’un ou plusieurs besoins sont comblés : constater que de nombreux amis vous entourent lors d’une fête est une source de joie parce que votre besoin d’amitié est satisfait.
  • La colère/frustration indique qu’un certain besoin fait défaut : en entendant des reproches et des commentaires négatifs sur mon travail, je suis frustré parce que mon besoin de reconnaissance n’est pas comblé.
  • La peur pointe souvent vers un désir de certitude, une préoccupation quant à la satisfaction d’un besoin : si je perds mon emploi, j’ai peur parce que je m’inquiète pour mes besoins fondamentaux comme le logement, la nourriture, la boisson.
  • La tristesse pointe souvent vers la perte (ou l’absence) de quelque chose qui nous est cher : une relation se termine et je suis triste en raison de mon besoin d’amour, d’amitié, d’appartenance.

Sentiments secondaires

Les sentiments secondaires comme la haine, l’agacement, la colère envers les autres, la rancune, la jalousie… apparaissent après que d’autres sont perçus comme responsables ou coupables de nos sentiments désagréables : je suis frustré quand je ne reçois pas d’invitation à une réunion ; je vois la personne qui ne m’a pas invité comme la cause de mon mécontentement et je suis en colère contre elle. Les sentiments secondaires mènent à percevoir certaines personnes comme des ennemis, de sorte que tout ce qu’elles font est vu comme mauvais, stupide, faux… Les sentiments secondaires comme la culpabilité, la honte, la dépression apparaissent après que je me juge négativement pour ce que je fais ou ne fais pas. Ces jugements sont fondés sur des commandements intériorisés (je dois…) ou des interdits (je ne dois pas…).

Les sentiments secondaires persistent aussi longtemps que les jugements qui les accompagnent sont mentalement présents. Ils font que l’énergie de vie se dirige vers l’expérience de ces sentiments secondaires plutôt que vers le besoin réel non satisfait. Ainsi, la haine, la culpabilité et la rancune peuvent dominer l’être d’une personne pendant longtemps ; l’attention se porte souvent sur la vengeance, portée par la conviction que celui qui fait le mal doit en être puni.

Pseudo-sentiments

Les pseudo-sentiments ne sont pas véritablement des sentiments mais des jugements et des pensées sur les autres (ou sur soi-même) formulés dans une phrase qui commence souvent par « Je me sens… ».

« Je me sens ignoré » signifie que je pense que l’autre m’ignore. « Je ne me sens pas pris au sérieux » signifie que je pense que l’autre ne me prend pas au sérieux. « Je me sens idiot » signifie que je me considère comme un idiot. Pour l’auditeur empathique, les pseudo-sentiments cachent de vrais sentiments et des besoins non satisfaits. Derrière « Je me sens ignoré », par exemple, peut se cacher le sentiment de « colère » et le besoin non satisfait de « contact » ou de « reconnaissance ». Il existe aussi des pseudo-sentiments « positifs » comme se sentir aimé, apprécié. Nous ne les considérons pas comme perturbateurs pour l’énergie de vie. Y a-t-il un lien entre sentiments secondaires et pseudo-sentiments ? Les pseudo-sentiments sont des pensées jugeantes qui sont souvent à la base des sentiments secondaires. En jugeant, l’attention s’éloigne de la fonction de signal des sentiments primaires et des besoins auxquels ils renvoient.

Quelle est la valeur ajoutée de cette classification des sentiments ?

Du point de vue de la Communication NonViolente, nous croyons que l’expérience consciente des sentiments primaires, qu’ils soient agréables ou désagréables, nous connecte à notre énergie de vie et peut orienter nos actions et nos interactions de manière plus efficace. Tous les sentiments primaires se présentent pour être « ressentis » et pour donner du sens. En donnant du sens aux sentiments, les besoins sous-jacents deviennent plus clairs et l’on peut faire des choix pour combler ou non ces besoins.

Les gens ont souvent tendance, face à des sentiments désagréables, à en rejeter la faute sur les autres ou sur eux-mêmes. Les sentiments secondaires et les pensées jugeantes perturbent l’énergie de vie ; les sentiments primaires ne sont pas ressentis et les besoins sous-jacents ne sont pas reconnus. En prenant conscience que les jugements génèrent des sentiments secondaires, on peut examiner ces jugements et les transformer en conscience des besoins qui font défaut, et ressentir ce que cela fait, c’est-à-dire finalement éprouver les sentiments primaires. La honte et la culpabilité se transformeront souvent en sentiments de regret ou de tristesse face au manque de quelque chose de précieux. La haine, l’agacement et la jalousie, une fois les jugements négatifs renversés, révéleront le besoin que nous ressentons comme un manque.

Comment ça marche, « ressentir » ?

Les gens ont souvent désappris à éprouver consciemment les sentiments primaires. Les jugements et les sentiments secondaires font qu’ils placent constamment la cause en dehors d’eux-mêmes : les autres sont responsables de ma douleur, ou « quelque chose de défaillant » en moi fait que je suis malheureux. Les sentiments secondaires bloquent la conscience des besoins parce que l’attention se porte sur le jugement et les éventuelles stratégies de vengeance.

Ressentir est lié à notre façon de respirer. Une inspiration profonde et détendue suffit souvent pour permettre aux sentiments de se manifester et d’être éprouvés. Dans la vie quotidienne, il est important d’être conscient du fonctionnement d’une bonne respiration. Un souffle souple et profond favorise le ressenti et active l’énergie de vie. La pensée jugeante apparaît souvent avec une respiration bloquée, lorsque notre « système » essaie de contourner les sentiments primaires.

Pour conclure

Les sentiments se présentent pour être ressentis. Ils attendent en quelque sorte d’être éprouvés. La confiance que les sentiments nous connectent à notre énergie de vie, et le maintien de ce contact, aide à construire une vie riche de sens et agréable. Nous voyons les sentiments agréables comme les sentiments désagréables comme des indicateurs constructifs de ce dont nous avons besoin. Souvent, la simple conscience du besoin est déjà la moitié de sa satisfaction.

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